Croyance limitante #2

Mis à jour : 21 janv. 2020

On ne peut pas faire un tour du monde avec des enfants en bas-âge et en étant salarié.


Qui êtes-vous en quelques mots ?

Laure et Guillaume, parents de deux garçons : Nolan 7 ans et Camille 4 ans.

Nous sommes de grands voyageurs, actuellement salariés de grandes entreprises françaises et avons décidé de partir faire le tour du monde en famille pendant un an.

Laure : je suis cartésienne, un peu stressée et maman poule. Je suis en charge des cours des enfants, des valises, des goûters... et j’arbitre les propositions de Guillaume sur les destinations et les activités. Je suis également en charge de notre « blog ».

Guillaume : je suis le planificateur du parcours du voyage et je gère la coordination des transports et la recherche des logements. Je suis aussi en charge de la cuisson des pâtes quand nous ne dînons pas au restaurant 😁. Je suis aussi le photographe de la famille.


Que signifie pour vous : à vos rêves, prêts, vivez ?

L : il faut changer, oser, sortir de sa zone de confort. En synthèse, essayer!

G : pour moi, concrètement, c’est abandonner sa carrière professionnelle pour vivre ses rêves et sortir du métro boulot dodo que la société souhaite nous imposer. Il ne faut pas hésiter à partir là où on a envie de vivre!


Comment vous est venue cette idée de tour du monde en famille ?

G : nous aimons beaucoup voyager. Lors de nos pérégrinations, nous avons croisé beaucoup de voyageurs au long court et j’avais toujours un regret de ne pas l’avoir fait plus tôt, notamment comme beaucoup à la fin de mes études.

L : j’ajouterais que nous n’avons jamais cessé de voyager, même après la naissance de nos enfants. C’est un peu dans notre ADN et cette expérience nous faisait vraiment rêver.


Quel a été le déclic pour vous lancer ?

G : Laure travaillait jour et nuit et elle se plaignait de ce rythme effréné qui ne lui laissait que peu de temps à passer tranquillement en famille. Je lui ai donc suggéré de changer de boulot mais comme Laure ne savait pas ce qu’elle voulait faire, on s’est dit que l’on pouvait faire un break et partir faire le tour du monde. et profiter de la jeunesse de nos enfants

L : c’est vrai que j’avais l’impression d’être complètement noyée et de faire tout à moitié, que ce soit le boulot, s’occuper des enfants, ma vie de couple... l’idée de tour du monde m’a donné un nouveau souffle, je voyais enfin la lumière au bout du tunnel!


Comment vous y êtes-vous pris pour vous décider ?


L : Je suis plutôt réticente au risque et je suis quelqu'un de relativement raisonnable. De ce fait, il fallait que les conditions soient réunies pour que je me lance. Le besoin que j’ai ressenti de passer davantage de temps avec mes enfants et de profiter de ces jeunes années qui passent trop vite a été le déclic. Nous avons beaucoup échangé pour trouver la bonne date de départ, principalement par rapport à l’âge des enfants : allaient ils garder des souvenirs du voyage, allaient ils rater une année charnière à l’école, etc...

Ainsi, nous avons pris la décision de partir environ trois ans avant notre départ effectif. Cela peut paraître long mais c’était le moment idéal pour nous et il n’était plus question de faire marche arrière.

Quels freins avez-vous rencontrés ? Qui a-t-il fallu convaincre ? Entre vous ? Travail ? Famille ? Amis ? Comment avez-vous fait ?

La famille...

G : les parents de Laure ont été la plus grosse épreuve. Ils ont très mal accueilli le projet. Laure a longtemps été perturbée par ce sujet.

L : en effet, je ne m’attendais pas à une réaction si négative et j’ai été très touchée. Ce projet était mûrement réfléchi et je n’étais pas du genre à m’embarquer dans quelque chose de farfelu ou de non adapté pour mes enfants. Il a fallu beaucoup de temps pour que je puisse en parler sereinement avec mes parents. Heureusement, nous avons réussi à rétablir l’échange avant notre départ et ils viendront nous rendre visite dans un mois (au Cambodge). De plus, nous sommes partis en gardant notre appartement et nos boulots, ce qui était rassurant pour tout le monde!


Le travail....

L : Entre notre prise de décision et notre départ, j’ai également eu une opportunité professionnelle très intéressante : des sujets et un cadre qui me plaisaient beaucoup mais je devais alors dire adieu au congé sabbatique qui n’est ouvert qu’aux salariés qui sont depuis plus de 3 ans dans leur entreprise. Je voulais vraiment ce job mais je ne voulais pas non plus repousser notre projet. J’ai donc négocié mon absence prolongée lors de mon arrivée dans l’entreprise et cela a été accepté.


Les finances...

Par ailleurs, un tour du monde, ça se finance et surtout quand on part à quatre! Nous souhaitions louer notre appartement et nous étions rapprocher d’une agence de location pour ce faire (nous gérions déjà l’organisation du voyage et ne souhaitions pas gérer la location de l’appartement). L’agence avait été très rassurante nous indiquant que ce serait loué en un rien de temps. Nous ne nous sommes pas méfiés et finalement ça a été un fiasco car l’agence a commencé les recherches beaucoup trop tard. Nous n’avons pas été assez attentifs sur ce coup là. Heureusement que ces revenus n’étaient pas vitaux pour nous!


La santé....

Nous avons aussi dû faire face à un réel impondérable. Guillaume a développé une maladie neurologique, la polyradiculonévrite, fin mai alors que nous partions début août. Or, cette maladie, souvent incurable et qui peut être grave (paralysie des membres notamment), nécessite de nombreux examens médicaux pour être correctement diagnostiquée. Nous avons demandé plusieurs avis médicaux. Nous avons en cela été aidés par des amis qui ont été très présents, par mon papa qui était médecin. Cela a été une épreuve très dure à surmonter et la décision de partir, de décaler le départ ou d’annuler a été prise une semaine avant le départ.


L'équilibre visites/temps de pauses...

Avec Guillaume, nous avons eu des échange sur le parcours. En effet, nous souhaitions prendre un peu plus le temps de nous poser que durant nos vacances classiques mais tout en ayant envie de voir un maximum de choses... Il a donc fallu discuter pour trouver un juste milieu qui nous satisfasse tous les deux et qui soit tenable pour les enfants.



Quelles ont été les bonnes surprises dans votre organisation d’avant voyage ? (des personnes soutiens, des boss compréhensifs…..)

G : nos employeurs respectifs ont été compréhensifs et dans mon cas, coutumiers de ce type de projet, ils m’ont même encouragé.

L : nous pensions que sortir les enfants de l’école serait un pensum mais finalement, nous avons trouvé un bon modus operandi avec l’école. Les enfants pourront ainsi poursuivre leur scolarité normalement puisque nous leur faisons la classe pendant le tour du monde. De plus, l’institutrice de maternelle de Camille est super investie. Elle suit le site des enfants toute les semaines avec sa classe, ce qui permet à Nolan et Camille de garder un lien avec la classe.

Finalement, nous avons eu un soutien indéfectible de tous nos amis qui ont été à fond dernière nous et notre projet. Je peux vous dire que quand on a un doute ou un coup de mou, ça fait du bien!


Où en êtes-vous de votre voyage ?

Nous sommes à mi-chemin. Après cinq mois en Amérique du Sud, nous passons un mois dans le Pacifique (Polynésie française et Îles Fidji - où nous nous trouvons actuellement). Nous passerons les six derniers mois en Asie.


Que ressentez-vous d’avoir franchi le cap ?

Nous ressentons la satisfaction d’avoir mené un projet à bout.


A ce stade de votre voyage : quels sont vos enseignements (réussites, émerveillements, galères….) ?

Nous sommes hyper contents du parcours que nous réalisons car nous sommes quasiment tous les jours émerveillés par la beauté de la nature (volcans, forêts, plages, montagnes, ...) et c’est clairement ce que nous recherchions.


Les enfants suivent bien alors que le rythme est soutenu (nous changeons de lieu tous les 2 à 4 jours). Nous avons été surpris par leur capacité à s’adapter, à discuter avec tout le monde en français ou dans une autre langue. Ils ont appris l’espagnol très rapidement. Ils sont extrêmement sociables, c’est super de les voir comme ça. Ils s’intéressent beaucoup aux personnes que l’on rencontre.


Par contre, nous n’avions pas anticipé la difficulté que cela pouvait être de vivre 24h/24 avec les enfants. En plus, ils se lient contre les parents et c’est encore plus difficile. Le manque de rituels, de repères et les changements de rythme permanents ont également un impact sur le comportement des enfants. Il nous paraît plus compliqué d’établir des règles et de s’y tenir. Il est également plus difficile de s’isoler un peu pour respirer ou se calmer si besoin donc certaines situations peuvent devenir explosives.


Les enfants sont en manque de leurs jouets/chambres. Nous n’avons pas beaucoup de place dans les bagages donc on achète peu de choses et cela suscite de la frustration chez les enfants surtout le plus jeune.


Tout cela a permis de nous rapprocher (Laure et Guillaume) car nous essayons de faire front à deux face aux enfants 😅 ! Nous avons aussi davantage de temps pour échanger alors que nous nous étions un peu perdus dans notre train train quotidien parisien.


Quels conseils donneriez-vous à :

Ceux qui veulent faire un tour du monde en famille ?

L : il faut se lancer et surtout ne pas avoir peur que les enfants ne suivent pas, ils sont hyper adaptables, plus que nous!

G : si on a la garantie de l’emploi comme c’était notre cas, ce n’est vraiment pas compliqué et c’est sans risque. En ce qui concerne les enfants, il ne faut pas craindre que ce soit une année perdue car ils apprennent tellement plus pendant le tour du monde.


Ceux qui veulent vivre leur vie de rêve ?

Notre conseil serait de ne pas trop écouter les autres et d’essayer de rechercher son propre bonheur.


Comment vous sentez-vous d'avoir répondu à ces questions?

Nous avons répondu au questionnaire séparément et avons confronté nos réponses. C’était rassurant de voir que nous étions en ligne!

C’était relativement facile de répondre.



De quoi auriez-vous besoin pour aller encore un peu plus loin ?

G : je souhaiterais davantage d’harmonie dans notre famille afin de profiter encore mieux des six mois qui nous reste. En effet, je pense que davantage d’écoute des enfants permettrait de mieux partager tous ces moments.

L : de mon point de vue, la prochaine étape serait de ne pas revenir en France ou de partir vivre en province ou à l’étranger. Guillaume serait prêt mais moi pas encore parce que je suis attachée à mon boulot et que je n’arrive pas encore à me projeter dans une nouvelle vie.




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